PARCOURS

Au début de sa carrière, SAINT-LOUIS se penche surtout à la représentation de scènes d’intérieurs, de paysages et de natures mortes avec une emphase sur la virtuosité du dessin et la maîtrise des techniques traditionnelles de la gravure en creux. De 1985 à 1989, il change de cap et se consacre à l’abstraction. Cette période prolifique comprendra des sculptures, des estampes à la pointe sèche et des collographes, ainsi qu’un grand nombre d’œuvres réalisées en médiums mixtes visant à concilier la matière organique avec la rigidité géométrique. À partir de 1990, on assiste à une seconde transformation picturale importante; SAINT-LOUIS réintroduit avec force la figuration tout en intégrant la richesse de la matière propre à la gravure. Ici, les éléments sont associés et mis en relation à titre symbolique. On voit apparaître des éléments éclatés qui transcendent leur signification première dans une ambiguïté manifeste.  

Une nouvelle thématique apparaît dans le travail de l’artiste, la notion d’identité : identité de l’être, identité de soi, identité de l’individu. En novembre 1995, l’exposition solo au Théâtre de la Licorne en témoigne de façon éloquente. En effet, dans le contexte politique fortement polarisé du référendum sur la souveraineté qui a cours à cette époque, les œuvres abordent avec acuité le thème de l’identité nationale. En octobre 1996, lors d’une autre exposition solo à la Galerie l’Oreille Recousue, on voit apparaître le personnage de l’Hombigu, qui deviendra la figure emblématique des travaux ultérieurs. Nous retrouverons ce thème de l’identité au cœur des préoccupations de l’artiste dans les toiles et collages réalisés entre 2017 et 2019.